Pistes de réflexion sur les Yamas – Ahimsa

Le yoga a une longue tradition, vieille de plusieurs milliers d’années. Vers l’an 200 av. J.-C., un sage nommé Patanjali a résumé les connaissances des gens qui l’ont précédé sur le chemin de la découverte de Soi. Le texte, les Aphorismes de Patanjali, est considéré comme le yoga classique et il décrit les 8 étapes du yoga.

Contrairement à ce qu’on serait tenté de croire, les postures physiques ne sont pas la première étape. Ce sont les Yamas qui sont la première étape du yoga. Le mot Yamas signifie « restrictions » et décrit les cinq comportements à éviter dans nos relations avec les autres et le monde extérieur si l’on veut être heureux. Ce sont :

  1. Ahimsa – Non-violence, compassion
  2. Satya – Respect de la vérité
  3. Asteya – Non-convoitise
  4. Brahmacharya – Modération
  5. Aparigraha – Lâcher prise

1Ils forment essentiellement la base d’une attitude à cultiver face à la vie. Loin de représenter un code moral rigide qui dicte tout ce qui est bien ou mal, ce sont des balises éthiques qui peuvent nous guider à accomplir les gestes appropriés pour le plus grand bien de tous en chaque circonstance.

En résumé, il s’agit de faire ce qui, à long terme, engendre du bien-être et d’éviter ce qui, à long terme, cause de la souffrance parce qu’en fin de compte, c’est nous qui souffrirons. Un dicton français résume très bien la notion qui sert de toile de fond à ces principes : « Qui sème le vent récolte la tempête ».

  • Chacun des Yamas sera abordé en termes pratico-pratiques pour nous amener à réfléchir à ces principes dans le contexte de notre vie de tous les jours.

Ahimsa – Non-violence/compassion

Quand nous sommes fermement établis dans la compassion,
toute animosité disparaît autour de nous. (Aphorisme II-35)

  • Patanjali nous dit qu’en cultivant une attitude de compassion envers ce qui nous entoure, nous récolterons la paix autour de nous (alors que penser de la guerre au terrorisme?).

  • Bien qu’il prône le respect de la vie, le concept de la non-violence dépasse de loin le fait de ne pas tuer. Par exemple si on heurte un animal en auto et qu’il est agonisant, la chose éthique à faire serait peut-être de mettre fin à ses souffrances le plus humainement possible (et qu’en est-il alors de l’euthanasie?).
  • Que dire de l’impact de nos pensées malveillantes envers certains groupes ou personnes? Quelles en sont les conséquences pour elles et … pour nous?
  • 2On utilise souvent le principe d’Ahimsa pour prôner une alimentation végétarienne. Certains le font même de façon plutôt véhémente, pour ne pas dire violente (humm !!). Par contre, l’on ne peut rester insensible à la violence infligée aux animaux par l’industrie agroalimentaire (voir le vidéo « Meet your Meat » surwww.peta.org – en anglais).
  • L’on peut aussi dire que le mouvement écologique est aussi inspiré d’Ahimsa envers notre Terre Mère et ses écosystèmes. Pour être congruent, il faudrait donc faire des choix de consommation qui encouragent le respect de la vie et de la planète.
  • Bien que le concept d’Ahimsa s’applique à ce et ceux qui nous entourent, il est aussi important de voir comment sa pratique nous amènera inévitablement à prendre conscience de nos jugements et de nos violences envers nous-mêmes et à les éviter.

 

par Pierre Bélisle, E-RYT (www.flyogi.com)

 

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